Ivan & Rudolf

Ivan et Rudolf est avant tout une ode à la vie, à l’amour et à la réconciliation. Loin des airs de circonstances et des tons convenus de commémoration, le spectacle prend à contrepied le caractère tragique de la guerre pour mieux en montrer l’absurdité. Il s’inspire de l’histoire vraie de deux amis d’enfance australiens qui découvrent, après 40 ans d’amitié, que leurs grands-oncles respectifs ont combattu en 1916 dans la terrible bataille de la Somme. Ils étaient enrôlés dans les camps opposés et sont morts à un mois de distance. Ivan, 18 ans, et Rudolf, 20 ans avaient bien plus en commun que ce que l’Histoire leur a accordé.

C’est à travers le regard contemporain de leurs descendants que nous abordons le vaste sujet de la Grande Guerre. Le spectacle est le fruit de la collaboration du Théâtre Maât avec la compagnie allemande Theater Kontra-Punkt. Il mêle français, anglais et allemand dans une grande odyssée musicale à la fois drôle, sensible et poignante, mettant en scène 13 acteurs-musiciens-chanteurs et un choeur de plus de 20 personnes.

 

Le Propos

Cent ans après la première guerre mondiale, l’Europe se trouve à une croisée de chemins déterminante. Nous pouvons espérer qu’elle choisira de poursuivre sa construction emblématique vers un projet fédérateur et humaniste, mais nous ne devons pas sous-estimer le retour d’égoïsmes nationalistes et de réflexes identitaires que l’on croyait à jamais enterrés.

Nous avons un devoir de mémoire.

C’est après la guerre 39-45, prolongement de la première, que naquit l’idée de l’Europe.

Pour les nouvelles générations, ces conflits ont perdu leur valeur symbolique et se retrouvent bien souvent relégués au rayon antiquités ou même aux oubliettes.

Trente-cinq pays ont été impliqués de près ou de loin dans cette guerre. Les gens sont souvent étonnés d’apprendre, par exemple, que 78.000 Australiens et Néo-Zélandais y sont morts au combat… et 74.000 Indiens et des dizaines de milliers d’ Africains des anciennes colonies. Que diable allaient-ils faire dans cette galère? On est en droit de se le demander…

Aujourd’hui chaque pays concerné, chaque ville, chaque commune s’apprête à rendre hommage aux innombrables victimes de cette tragédie et partout se pose une question essentielle: comment convient-il de commémorer cette guerre cent ans plus tard?

En France et au Royaume-uni, on l’appelle “La Grande Guerre” mais pas en Allemagne, où l’immense chantier de mémoire des crimes de la Seconde Guerre Mondiale a quelque peu occulté les enjeux de la première.

Malgré le passage du temps, les traces de la blessure sont encore bien visibles. On constate qu’aujourd’hui encore, il est interdit de fleurir les tombes des cimetières allemands en Belgique ou en France.

Il arrive que les commémorations soient le prétexte à des affirmations identitaires et/ou nationalistes. On a vu, à l’une ou l’autre cérémonie, des jeunes s’envelopper fièrement dans leur drapeau national pour célébrer la bravoure de leurs soldats.

En Belgique, les deux communautés s’apprêtent à rivaliser dans ce qu’un grand quotidien appelait il y a peu “La guerre des commémorations”.

Chacun, bien sûr, évoque le souvenir avec sa sensibilité particulière mais nous pensons qu’il est essentiel de ne pas perdre de vue le message de paix porté de manière bouleversante par de nombreux témoignages de combattants.

C’est cette ligne que nous suivons tant dans la création du spectacle que dans l’ambitieux travail d’ateliers que nous avons entrepris, en Belgique, en France, bientôt en Allemagne et peut-être l’an prochain en Australie.

Au delà les représentations théâtrales, nous inviterons les gens, participants ou spectateurs, à ressortir des caves et greniers leurs boites de photos et de lettres pour partager leurs témoignages familiaux. Cette mémoire collective sera rassemblée sur un site internet interactif. Nous vous invitons à le consulter et, le cas échéant, à y apporter votre contribution.


Distribution

Acteurs-Chanteurs-Musiciens
Patrick Andersson, Nathanaël Bez, Annette Bieker, Vincent Delbushaye, François Dreno, Jean-François Durdu, François Vaneeckhaute, Hadi El Gammal, Jennifer El Gammal, Adrien Letartre, Vincent Noiret, Alexandre Pelichet, Christine Smeysters.

Choeur
Ratinger Kammerchor (Düsseldorf)

Mise-en-scène
Frank Schulz

Texte
Christine Smeysters (d’après l’histoire vraie de Benjamin Walker)

Musiques et chansons
Hadi El Gammal

Scénographie
Jan Kocman et Nathalie Maufroy

Régie
Martin Delval

Affiche et peintures animées
Franz Dostal

Clip
Benjamin Walker